Adieu Bugaled Breizh

Publié le par silvi

 

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Le 15 janvier 2004 à 13h25, le capitaine de pêche Yves Gloaguen a à peine eu le temps de lancer cet ultime appel : "Venez vite, on chavire", que le Bugaled Breizh a coulé. En quelques secondes. Cinq hommes d'équipage. Aucun survivant. Mais des questions en pagaille. Des photos de l'épave prouvent que le chalutier a bien été éperonné. Tout porte à croire qu'un bâtiment de fort tonnage l'a violemment percuté. Ou un sous-marin. Qui a pris la fuite sans essayer de secourir les victimes, ni même donner l'alerte?
Pourquoi les exigences des familles sont-elles restées si longtemps sans réponse ni explication claire ? Pourquoi a-t-on mis si longtemps à sortir le bateau de l'eau? Pourquoi les juges en charge du dossier sont-ils mutés les uns après les autres en cours d'instruction ?

Comme tous les Bretons, Yann Queffelec porte au coeur la disparition mystérieuse des pêcheurs de ce chalutier et tente, en se glissant dans la peau des protagonistes de ce drame, d'en élucider les mystères. Il met sa plume de romancier au service de cette histoire sous forme d'un docu-fiction, dont les ingrédients sont la dernière nuit de pêche, l'opacité de la justice, la résistance des familles et des femmes en particulier.

La photo de couverture, particulièrement émouvante, est la dernière prise du Bugaled Breizh. C'était quelques jours avant le drame alors qu'il partait en pleine mer. Philip Plisson, Peintre de la Marine, en est l'auteur.

 

Un docu-fiction romanesque et spectaculaire par le prix Goncourt 1985.

 

 

4ème de couverture

 

Il y a un naufrage éclair et probablement naufrageur...

Rappelez-vous le 15 janvier 2004, en début d"après-midi, par beau temps, le puissant chalutier Bugaled Breizh périt corps et biens au sud du cap Lizard, comme effacé par une vague scélérate ou la succion d'un maelström....

Cinq hommes à bord : Yves, Pascal, Georges, Eric, Patrick.

"je chavire" sont les derniers mots du capitaine à la VHF, puis on entend la mer s'engouffrer.

 

Accident naturel, aléa marin, dit la justice en 2009 après avoir beaucoup louvoyé. Accident pas naurel du tout, disent les proches constitués en parties civiles. Homicides involontaire et mensonge d'Etat. Le 15 janvier 2004, au sud du cap Lizard, l'OTAN entrainait ses meilleurs sous-marins à la guerre en eau peu profonde.
Ils étaient officiellement anglais, allemands, hollandais, espagnols, français. Ils étaient clandestinement russes, chinois, taïwanais...... Des espions parmi les espions. Ils se pourchassaient aveuglément dans la zone où le Bugaled tirait son chalut.

 

Sans être formellement un réquisitoire, ce livre a l'intime conviction que le Bugaled Breizh n'est pas descendu mystérieusement sous la mer, ou pas étourderie. Il a fait une mauvaise rencontre inopinée ; il a croisé beaucoup plus fort que lui. Quelque part, quelqu'un n'en dort plus.......

 

Yann Queffelec

EDITION DU ROCHER 2009

Publié dans Essais

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